04 – Saint Martin de Brômes – RandoCool – L’oppidum et le Colostre

04 – Saint Martin de Brômes
RandoCool

L’oppidum et le Colostre

20 octobre 2018

CoA fr Saint-Martin-de-Brômes 04

La carte :

Le résumé :

Le groupe de onze personnes se retrouve sur la parking du terrain de pétanque de Saint Martin de Brômes, par une journée qui promet d’être agréable, pour cette randonnée.
Nous démarrons par la traversée du village. Rapidement un ami attire mon attention sur une gypserie au dessus de la porte d’une maison. Le groupe s’arrête pour faire des photos et le propriétaire sort de chez lui pour nous proposer de voir autre chose. Il nous fait alors visiter son « musée garage ». Sa voiture est garée au milieu mais tout autour, jusqu’à une hauteur de deux mètres on peut voir une bonne centaine de tableaux de tous types : fusain, crayon, peinture, … Le village de Saint Martin de Brômes mais aussi des paysages des environs sont reproduits ici et là, sur des tableaux accrochés aux murs.

Après la visite du garage de ce très sympathique saint martinôme, nous repartons. Plus loin, je repère un cadran solaire. Un site internet essaie de présenter tous les cadrans solaires de France. Celui-ci n’y est pas et je l’enverrai à son administrateur pour qu’il soit ajouté.
Bientôt, nous sommes au Castelleras.

Ce promontoire qui surplombe le village est ainsi nommé. En provençal, cela signifie ancien château, château en ruine ou simplement ancien lieu fortifié. Cette haute tour construite au XIV est attribuée à tord aux templiers. Elle servait de tour de guet et d’entrepôt pour l’impôt seigneurial. Transformée plus tard en pigeonnier, elle abrite aujourd’hui l’horloge communale.
Tout près, également au sommet, l’église est attestée depuis l’an mile quarante deux, date de sa donation à l’abbaye de Saint Victor de Marseille. La nef fut construite au douzième siècle. Au seizième siècle, elle a été agrandie d’un bas-côté de style gothique.
Entre la tour et l’église, le site est celui des aires, c’est ainsi que l’on nome une surface de terre battue, plane, où l’on séparait le grain de la paille à l’aide de fléaux ou d’un rouleau tiré par des bêtes de trait. Ce lieu était généralement en hauteur pour que le vent emporte la paille en laissant le grain.

Après quelques photos, nous descendons, passant devant une gypserie représentant Saint Martin dans ce qui peut être considéré comme son iconographie la plus courante de l’hagiographie médiévale (scène de la vie d’un saint). On le voit à cheval, en soldat (il a une arme) et donne son manteau à un mendiant nu.

Cette représentation dont l’origine est attribuée à Van Dyck, au dix-septième siècle a connue quelques dérivés : on le voit tantôt en soldat, tantôt en évêque. On le voit très souvent sur un cheval, mais en Allemagne, il est souvent à pied. Le mendiant n’est pas toujours nu. (source : http://surlespasdessaints.over-blog.com/article-representations-de-saint-martin-113520382.html)

Nous passons ensuite devant une maison avec une très grande baie vitrée et sommes étonnés car au milieu de la nature, cette construction aurait sans doute été agréable mais en plein centre ville, en bas d’une descente, tout le monde voit ce qui se passe dans cette maison, privant ses occupants de tout intimité. Caprice d’architecte ? Nous ne le saurons pas.

Bientôt les maisons s’espacent, nous passons sur le pont au dessus du Pinet, un affluent du Colostre, et nous sortons du village pour gagner la campagne.
Une large piste carrossable s’offre à nous et nous progressons en direction du ravin des Détroits, à l’ouest. Après deux kilomètres nous cherchons un sentier qui s’élève au nord et avons un peu de mal à le trouver. Ce n’est qu’un très modeste sentier, emprunté principalement par les sangliers au vue des traces au sol. Nous sommes dans la zone dite de Buffe Arnaud.

L’oppidum de Buffe Arnaud se situe sur le territoire de Saint Martin de Brômes, en bordure du plateau de Valensole, incliné nord-est/sud-ouest. Son altitude moyenne est de 550 m et possède d’excellentes protections naturelles: au sud et à l’est le confluent du Verdon et du Colostre marqué par la présence de gorges profondes, et à l’ouest le ravin des Détroits. L’analyse carto-photographique du secteur montre que de nombreux chemins convergent vers le site quiconstituait notamment un passage obligé entre la basse Provence et le pays de Riez. Les travaux menés sur la région notamment par A.-M.Balac et Ph.Borgard indiquent une implantation humaine importante dès la Préhistoire ancienne, âge du fer. Cet oppidum de Buffe Arnaud a été partiellement exploré au cours de fouilles préventives rendues nécessaires par l’élargissement de la route départementale 952 qui le contournait jusqu’alors. Ce site était pratiquement inconnu avant ces fouilles et était déjà été en partie détruit par des travaux, les plus anciens, ceux de la route dite “romaine” utilisée jusqu’au XIXe siècle comme l’indique la lecture du cadastre “napoléonien”.
Source : Un témoignage de la chute de la Confédération salyenne? L’oppidum de Buffe Arnaud (Saint-Martin-de-Brômes, Alpes de Haute Provence),

Bientôt nous décidons d’une halte car une cache est par là ! Le groupe s’installe et les deux géocacheurs partent à la recherche de la boite, vite trouvée. Nous repartons et essayons de trouver quelques vestiges mais la nature a tout recouvert et nous rejoindrons bientôt une nouvelle piste qui longe le ravin des Détrois. Nous avons maintenant une vue sur le barrage de Gréoux les Bains mais le soleil, dans le même axe, ne nous permet pas de faire de belles photos. Nous trouvons la cache, qui nous offre cette vue magnifique sur la vallée en contre-bas et cet ouvrage industriel.

Le barrage de Gréoux est un ouvrage hydroéléctrique sur le Verdon, dans la commune de Gréoux-les-Bains. Il permet une retenue d’eau d’un volume de 80 millions de m³, le lac d’Esparron, qui alimente la centrale de Vinon et le canal de Provence. Cet édifice appartient à EDF et fournit 170 millions de kWh par an. C’est un barrage en terre de 260 m d’épaisseur à la base, haut de 67 m et long de 220 m. Les travaux ont commencés en 1963 pour se finir en 1967.

La descente s’avère délicate car si la piste est bien marquée et large, le terrain est en pente et compte de nombreuses pierres qui glissent sous les pieds. Nous allons à vitesse réduite et bientôt nous sommes sur le pont du ravin des Détroits où nous prenons quelques photos de groupe. La, l’organisateur rate une opportunité en décidant de continuer par la route D952 sur deux cents mètres puis de revenir par la la D315 sur la même distance alors qu’une grande canalisation de 30 mètres environ, nous aurait permis de passer directement à proximité du lieu du pique-nique, la confluence du Colostre dans le Verdon.

Le Colostre est une rivière qui prend naissance sur le territoire de la commune de Saint-Jurs, à proximité du Serre de Montdenier, à mi-chemin entre les villages de Saint-Jurs, de Majastres et de Moustiers Sainte-Marie, sur les pentes du massif de Montdenier, en récupérant les eaux des différents ravins. En suivant la direction du sud-ouest, le Colostre arrive à proximité de Puimoisson où il longe l’aérodrome mais ne traverse pas le village. La rivière coule suivant la même direction jusqu’à Roumoules, arrosant le village. Quelques kilomètres plus loin le Colostre atteint le village de Riez et passe tout près des colonnes romaines. A la sortie du village, l’Auvestre vient de se jeter dans le Colostre sur sa rive droite. La direction reste sensiblement la même, et le Colostre arrive à Allemagne-en-Provence, non loin du château, puis le Colostre longe Saint-Martin-de-Brômes. C’est en sortant du village qui démarrent les Gorges du Colostre, qui sont restées sauvages et qui n’attirent pas une foule de touristes, mais seulement quelques randonneurs amoureux de nature sauvage, qui auront peut-être la chance de croiser quelques truites fario ou même des castors ! Il est ensuite temps pour le Colostre de se jeter dans les eaux majestueuses du Verdon, sur la commune de Gréoux-les-Bains, en aval du Lac d’Esparron et du Barrage de Gréoux-les-Bains, sur un site classé depuis 1944. Le Colostre coule généralement toute l’année, avec une eau fraîche même l’été qui permet aux randonneurs de se rafraîchir en longeant son cours. Les rives du Colostre sont souvent ombragées par la ripisylve. A noter également qu’au contraire des voisines Gorges du Verdon, il n’y a pas de sports d’eaux vives praticables dans les Gorges du Colostre. ((source : http://www.notreprovence.fr/provence_riviere_colostre.php)

Juste en amont de la confluence, des rochers ronds, ondulés, près d’un mur de soutènement, offrent un endroit idéal pour notre pause du pique-nique. Deux randonneurs se déchaussent pour tremper les pieds dans l’eau mais la rivière est froide toute l’année ici. Nous ne sommes qu’à 900 m du bas du barrage de Gréoux les Bain.

Ce barrage destiné à une centrale hydraulique d’éclusée ou de moyenne chute est caractérisé par un débit moyen et un dénivelé assez fort avec une chute d’une dizaine de mètres. L’eau arrive du fond du lac, avec une forte pression pour alimenter une turbine horizontale. L’eau s’écoule ensuite en contre-bas. Ce type de centrale hydraulique ne rejette donc que de l’eau stockée au fond du barrage, une haut froide ! Les centrales hydrauliques installés sur des cascades, ont en bas, une turbine verticale et l’eau qui s’en échappe a la même température moyenne qu’en haut de la cascade, en surface. La succession des ouvrages du Verdon (Castillon, Chaudanne, Sainte-Croix, Quinson et Gréoux-les-Bains) sont tous du même type et tous rejettent une eau de fond de barrage, une eau froide.

Après le pique-nique arrosé de rhum aux agrumes, nous attaquons la remontée, du Colostre par une nouvelle cache, dans la glacière du Colostre. Une glacière, en Provence, est une cavité, naturelle ou artificielle, étroite, sans aération, où la température reste négative ou basse tout au long de l’année, permettant un stockage naturel de la glace ou d’aliments. Nous essayons de faire aussi vite que possible car nous sommes dans le noir et qu’il fait froid !

Bientôt nous attaquons vraiment la remontée du Colostre par un sentier rendu particulièrement agréable par la végétation luxuriante. Les feuilles des différents arbres, arbustes, jouent avec tous les tons de vert, d’orange de de rouge. C’est magnifique. La rivière que nous longeons, sauvage, coupée de troncs d’arbres en travers, contribue à nous rendre l’endroit si agréable que nous en oublions une cache ! Le groupe fait une pause sur une plage et les deux géocacheurs repartent en arrière sur trois cent mètres pour réparer leur erreur. A notre retour le groupe se remet en marche. Plus loin, un pont est tendu entre les deux rives. Il est en piteux état. Plusieurs planches sont manquantes ou pendent. Il est pourtant réparable car nous sommes devant un ouvrage en bois posé et fixé sur deux rails de chemins de fer fixés sur les rives, sur des rochers.

Bientôt le sentier devient moins accueillant, plus physique, car des arbres sont en travers d’une zone étroite et nous devons quitter les sacs pour passer sous les obstacles. Nous sommes sur des rochers glissant et toute chute nous amèneraient … dans l’eau du Colostre ! Ces zones se succèdent mais nous finissons tous par en sortir indemne. Un nouvel obstacle ne présente à nous, le ravin du Payanet qu’il nous faut descendre puis remonter pour le traverser. Si autrefois l’endroit était assez technique, il est aujourd’hui aménagé et se passe sans grand problème. Nous arrivons enfin à proximité de la dernière cache de la journée, en face de Saint Martin de Brômes. Sur ce sentier nous avons de très belles vue sur le le village.

La dernière difficulté, un rocher a descendre, en mettant le derrière au sol pour certains car la marche est assez grande se passe sans problème et nous sommes devant deux ânes. Tout près la Safr’anerie propose des promenades avec des ânes. Nous nous arrêtons pour caresser deux d’entre eux et nous regagnons le village, de l’autre coté du pont en pierre sur le Colostre.

Le thé glacé de fin de rando est partagé et le groupe se sépare.

Les informations techniques  :

  • Longueur estimée : 10 km
  • Dénivelé cumulé : 171 m
  • Géocache : 8

Les photos de cette journée :

La carte interactive (possibilité de récupérer la trace)  :

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2 commentaires sur “04 – Saint Martin de Brômes – RandoCool – L’oppidum et le Colostre

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